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  • : Le blog de l'AMTPC
  • : En 1983, l'AMTPC a créé le Musée du Textile et du Peigne en Corne à Lavelanet (09300). Ses membres ont récolté et restauré des machines des industries locales mais aussi sauvegardé la mémoire des Travailleurs du Pays d'Olmes. Ce Bénévolat s'est concrétisé par de nombreuses expositions et animations diverses.
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 23:17

Encore toutes neuves, les caméras de LavelanetTV ont rencontré dans le Musée du Textile & du Peigne en Corne de Lavelanet quelques Membres de l'AMTPC, Association Fondatrice de cet espace culturel lavelanétien, fière de 25 années de collectes et de rénovations.

Pour cette dernière journée de l'année 2016 nous mettons 3 reportages à votre disposition.

premier reportage

Création de l'AMTPC

avec Raoul Pigeon - Président Fondateur

 

Second reportage

L'Histoire de l'Industrie Textile en Pays d'Olmes.

avec Sylvette Saboy - Membre de l'AMTPC - mémoire

 

Troisième reportage

L'histoire de l'Industrie du Peigne en Corne

avec Jeannine Fauré - Membre de l'AMTPC - mémoire

 

Passez du bon temps à les écouter.

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 14:38

 

Tout le monde y croyait !

Le projet était bien parti !

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 22:43

Dans de nombreuse civilisations, le Tisserand a été l'artisan dont l'activité a inspiré des légendes, des mythes, des contes et même des chansons. 

Chansons dites "de métier", comme celle-ci, originaire de Bretagne.

 

 

Souvent cataloguée comme chanson enfantine.

Paroles et partition.

 

Mais parfois dépréciative de cette belle profession

 

 

Ou bien chanson de Poête, comme celle-ci d'Yves Duteil.

 

 

Le Tisserand est alors mis sur un piedestal.

 

Il en est bien d'autres dont on ne connait que les paroles :

********************

La chanson du Tisserand de Lin

 

En chantant, je tisse la toile

La toile forte de la voile

Que bientôt aux plages lointaines

Le vent poussera sur les flots

Avec les vaillants capitaines

Et les vigoureux matelots

 

Glisse, glisse ma navette

Entre les fils croise ton fil

Quand je te jette et te rejette

Ton tic-tac me semble un babil

Aussi gai qu’un chant de fauvette

 

Je tisse pour les petits anges

Des toiles fines pour leurs langes

Je tisse aussi la layette

Pour la couchette, le maillot

Pour orner la bercelonnette

De la petiote ou du petiot

 

Glisse, glisse ma navette

Entre les fils croise ton fil

Quand je te jette et te rejette

Ton tic-tac me semble un babil

Aussi gai qu’un chant de fauvette

 

Je tisse la toile légère

Dont bientôt l’adroite lingère

Fera pour la tendre Lisette

La collerette en fin linon

Le blanc bonnet, la chemisette

La camisole ou le jupon.

 

Glisse, glisse ma navette

Entre les fils croise ton fil

Quand je te jette et te rejette

Ton tic-tac me semble un babil

Aussi gai qu’un chant de fauvette


Si je travaille infatigable

Pour la toilette ou pour la table

Avec plus de plaisir je tisse

Amoureux qui faites votre nid

Pour que votre amour s’y blottisse

Les grands draps blancs de votre lit


Glisse, glisse ma navette

Entre les fils croise ton fil

Quand je te jette et te rejette

Ton tic-tac me semble un babil 

Aussi gai qu’un chant de fauvette

 

********************

 

Les Pleurs de mon métier

Joseph   des Verrières (1905)

                     

Ce vieux métier où mon grand-père

        A tissé ses pièces jadis,

        Mon pauvre vieux, je désespère

        De le voir aux mains de mon fils.

        Mon vieux métier que j'aime, pleure

        De se voir ainsi délaissé...

        Mais ne pensons plus à cela,

        Et lon lon lère, et lon lon la.

        Il faut bien que mon métier meure

        Avec moi qui l'ai tant aimé.


      

Je pensais que dans ma détresse

        Mes garçons, papas à leur tour,

        Canusant gaiement et sans cesse

        Consoleraient mon dernier jour.

        Et je suis seul dans ma demeure,

        Mon métier est abandonné !

        Mais ne pensons plus à cela,

        Et lon lon lère, et lon lon la.

        Il faut bien que mon métier meure

        Avec moi qui l'ai tant aimé.


      

Ce vieil ami qui fit ma gloire

        Je le garderai jusqu'au bout,

        Et malgré la misère noire,

        Malgré la faim et malgré tout !

        Puis enfin, quand du cimetière

        Je m'en retournerai vers Dieu...

        Et lon lon lère, et lon lon la,

        Je compte bien qu'un vieux compère

        Mettra mon vieux métier au feu.


      tisserand.jpg

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:34

Quand l'action de tisser éveille la reflexion du Tisserand, voilà ce quil en découle.

 

La parabole du tisserand

La communauté est comme un tissu qui s'élabore,
Un tissu dont je ne sais pas ce qu'il sera,
Mais qui, autour de nous, peu à peu se tisse,
Sans modèle ni dessin savant.

Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur…
Bleu profond ? Rouge éclatant, Ou bien le fil de lin gris ?
Cette troisième couleur, au dire des tisserands,
Est la plus importante :
Le gris neutre de tous les jours,
Celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant,
Celui qui est porteur d'harmonie.

N'avoir que ma propre couleur et de cela me réjouir,
Pour qu'elle apporte la joie et non la rivalité,
Comme si moi, bleu, j'étais l'ennemi du vert,
Comme si j'étais, moi, ton adversaire !

Et ceux qui ne peuvent
ou ne veulent pas entrer avec nous
Dans l'ouvrage ?
Irai-je,
les précédant,
leur faire place,
Pour qu'ils viennent librement
de leurs propres couleurs
Se mêler au dessin ?

Il y a une place pour tous.
Et chaque fil vient apporter une continuité :
Non seulement ceux qui sont à l'origine du travail ont été tendus
D'un support à l'autre, mais chaque fil.

Un fil vient à rompre : aussitôt le travail arrête,
Et les mains patientes de tous les tisserands
s'appliquent à le renouer.

Chaque fil, même le plus lumineux,
peut disparaître, tissé sous les autres.
Il est cependant là, non loin,
même si notre œil, ne le perçoit plus…

Maintenant, c'est au tour du mien d'être lancé à travers la chaîne.
Quand son trait aura cessé d'être visible,
alors toute l'harmonie apparaîtra,
Harmonie de ma nuance
mêlée à toutes les autres qui l'accompagnent,
Jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

Je ne sais ce qu'il adviendra de ce tissu.
Le saurai-je jamais ?

Un tisserand de Finlande

 

 

Choisissez votre couleur et votre tour pour entrer en chaîne.

 

Tisserand_XVIs.jpg


 


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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 10:50

Dans les années 50, au CAL, on ne jouait pas à saute-mouton (sauf avec le Professeur de gymanstique), les élèves mettaient la main dans le cambouis et avec les conseils avisés des Professeurs d'ajustage et de textile ils réalisaient des pièces ou des étoffes qu'ils étaient fiers de montrer lors des expositions académiques.

 

Ainsi les élèves de la section ajustage,

Ajustage 1953 54 sepia

 

exposaient leurs réalisations.

Ajustage Trophets2 1953 54 s

 

 

Fiers de leur réussite.

Comme Roja, Darandonas, Régis Dhomps et A. Bernal.

 

Ajustage Trophets 1953 54 s

 

Il en était de même pour la section textile

Expo textile 53 54 sepia

 

Avec le concours de Laurent Koess, leur Professeur de fabrication textile, ils avaient exposé quelques draperies et un tableau représentant le château de Montségur sur un métier à main équipé d'une mécanique Jacquar à 104 crochets.

 

Metier Jacquard 20

 

 

Quand à Régis Dhomps, expert en ajustage, il avait décroché haut la main son CAP de Tisseur-Gareur (appelé plus tard Cap de Mécanicien Régleur de métiers à tisser).

 

Regis Dhomps 1954 55 sepia

Le voilà réglant un dysfonctionnement de la synchronisation des mouvements d'un métier saxon de marque Nébiolo-Schönner.

 

 

 

aa

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 18:00

Dès 1945, les élèves du Centre Jacquard ont pris l'habitude de faire photographier leurs promotions. Sur le fronton de l'entrée les formations dispensées sont symbolisées par un dessin : un engrenage pour la mécanique, un rabot pour la menuiserie, une navette pour le textile et un fil à plomb pour la maçonnerie. Un nom a pu être donné à la plupart des élèves et des professeurs présents sur le cliché.

 

CET1945

 

Pour l'année scolaire 1951/1952, C'est aussi le cas.

  • Au 1er rang (assis) on peut reconnaître, de gauche à droite : Monnet, Vaques, Baylac, Perry,Rojas, XXX, Escalière, Andreu,Baliccot, Bergaméli, XXX, Araguéna, Darandovas, Cadillac.
  • Au 2ème rang : Mazoleni, Coquillo, XXX, Jules, Andrieu, Vergne, XXX, Clanet,,Vidal, Eychenne, XXX, Sanchez, Saez, Traver, Clanet.
  • Au 3ème Rang :Carriès (Directeur), Mme Vié (Secrétaire), Font, Mas, Naudy, Baudouy, Simonet, Serres, Cuadrad, Dupuy, Marot, Léro, Bails, Rauzy, Miraglia (Professeur de gymnastique), Couderc (Professeur d'ajustage).
  • Au 4ème rang : Condor, Carbonne, Laubet, Roquelaure, Gagnoulet, XXX, Tignol, Vieux, XXX, Bernal, Clanet, Ayral, Bauza, XXX, Baby.
  • Au 5ème rang : Nougué, Eychenne, Sanguessa, Carrière, Rufat, Bergamelli, Carrière, Buss, Parra, La Fuente, XXX, Graulhe.
  • Au 6ème rang : Papy, XXX, Garcia, XXX, Saurel, XXX, Requena, Guerero, Salomon, XXX, Mirouse, XXX, Carbou.

 

Eleves 1951 52 sepia

 

Pour l'année 1953/1954, les élèves posent aussi pour une photo de groupe.

 

  • Au 1er rang : XXX, XXX, XXX, Bugfard, Cubilié, Alves, Limador, Caretero, Sauquet, XXX,XXX, Mourareau, Bresciani, Casas, Mamoudi.
  • Au 2ème rang : Clanet, Alabert, Ramos, Monnet, Rojas, Mirailles, XXX, XXX, Rauzoul, Naudy, XXX, Maugard, XXX, XXX, Serrano, Spécia, XXX, Jules, Sielino.
  • Au 3ème rang : Kamarof, XXX, XXX, Darandovas, Vieux, Saez, Vaquer, XXX, Mourareau, Couquet, Mourareau, Audabram, XXX, XXX, Igounet, XXX, XXX, XXX, Marcerou, Ispa.
  • Au 4ème rang : DHOMPS, XXX, Bernal, Laffont, Lamarque, Zoppi, Stefanut, Biart, XXX, Barrou, Mourareau, silvestre, XXX, Amiel, XXX, Portet, XXX, Agrès,, Laffont.
  • Au 5ème rang : Bernadac, Naudy, Fabry, Olay, Serres, Doumenc, Déramond, clerc, Montagné, XXX, Campagna, Araud, Fuentes, Marty, Vidal.
  • Au 6ème rang : xxx, XXX, Roques, Ramos, Guéréro, Roquelaure, dupuuy, Rauzi, Mercadier, Baudouy, Gagnoulet, Salleles, Galicier, Cuadrad.

 

Eleves 1953 54 sepia

 

Les Professeurs et le Personnel de l'établissement ont pris la pose de leur côté.

 

  • Au 1er rang : Bombail (aide-Cuisinier), Rivière (Professeur de menuiserie), Carriès (Directeur), Marchand (Professeur de 3ème année d'ajustage), Le Médecin de l'Académie.
  • Au 2ème rang : Roques (Professeur de maçonnerie), Mourareau (Professeur textile), Mme Montiès (Infirmière), René Couderc (Professeur d'ajustage), Mme J. couderc (secrétaire d'économat), Durrieux (surveillant général), Daubin  (Économe), Ben Ali (surveillant), J. Andrieu (Surveillant sans sa casquette).

 

 

Professeurs 1953 54 sepia

 

à suivre !

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:24

Jean-Michel Minovez, Professeur des universités en histoire et Chercheur au laboratoire FRAMESPA (UMR 5136 du CNRS) est actuellement Président de l'Université Toulouse II - Le Mirail. Le 4 juin 2005, il participait avec d'autres conférenciers au colloque universitaire que notre Association avait organisé avec le concours actif de Bruno Evans. C'est au cours de cette réunion qu'il nous présenta une ébauche de son travail de recherche sur l'industrie textile en Pays d'Olmes. Ébauche qui aboutit aujourd'hui à l'édition d'un magnifique ouvrage.


Minovez_4.jpg

 

Minovez_5.jpg

Ce sont sept intervenants qui ont pu dévoiler, ce jour-là, le fruit de leurs recherches historiques. Parmi ceux-ci Jean Cantelaube, Bruno Evans, Rémy Cazals, Jérôme Bonhôte, Jean Marc Olivier, Claude Prono.

Minovez_3.jpg

 

C'est à l'occasion de cette rencontre que nous avons pu lui montrer quelques archives industrielles qui avaient été récoltées par les Membres des Amis du Musée du Textile et du Peigne en Corne et sa Commission Mémoire depuis 1983. L'AMTPC a donc reçu par la suite quelques étudiants de l'université Toulouse II - Le Mirail pour en faire un inventaire et servir de supports à ce traité intitulé "L'Aventure de la Laine".

Édité aux éditions Privat, il sera présenté mercredi 18 décembre 2013 à 17 heures dans les locaux du Musée du Textile et du Peigne en Corne, rue Jean Canal à Lavelanet. Une séance de dédicace suivra cette présentation. 

 

Minovez_1.jpg

 

"Jean-Michel Minovez revient sur l’histoire de ce pays lié au textile depuis le Moyen-âge. Au XVIIIe siècle, le Pays d’Olmes est un territoire textile peu dynamique dépendant des donneurs d’ouvrages du département de l’Aude.


Au début du XIXe siècle, les autres territoires textiles du Midi de la France, vieux de plusieurs siècles, disparaissent ou deviennent marginaux en quelques décennies. Parallèlement, le Pays d’Olmes se développe d’une manière invisible face aux territoires majeurs de la partie septentrionale de la France, produisant des tissus épais et unis ainsi que des nouveautés aux couleurs variées, à la mode.


Il adapte judicieusement l’offre, réforme très progressivement l’appareil de production et exploite au mieux les interrelations entre ses nombreuses petites entreprises. Au XXe siècle, le Pays d’Olmes prend alors la tête de la production française dans le cardé et le tissage d’habillement.


Jean-Michel Minovez revient sur ces différents périodes tout en démontrant au travers de son ouvrage l’importance des hommes et des interrelations entre les composantes économiques sociales et financières. Il conclut son ouvrage sur les perspectives offertes en ce XXIe siècle par les tissus."

 

 

 

Ses autres ouvrages.

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 10:17

Jusqu'en 1900, quelques cours professionnels étaient prodigués aux apprentis les plus dégourdis. Mais l'arrivée de matériels de plus en plus sophistiqués et l'utilisation de nouvelles matières textiles incita les industriels à transformer l'apprentissage sur le tas par une véritable formation qualifiante. C'est le 7 juin 1921 que cette idée pris forme au n° 8 de la rue Saint-Jean, sous la gouverne de Monsieur Barrière (Directeur de l'école des garçons).

 

RueStJeanLavelanet.gif

Rue Saint-Jean : une chaîne encollée est mise à sécher.

 

 

 

Assisté de 3 Professeurs (Messieurs Beaumale, Delsaut et Primout), une formation sérieuse, sur trois ans, à la fabrication textile et au tissage est mise en place à raison de deux heures de cours par semaine de 20 heures à 22 heures. La profession veille à l'assiduité des candidats au CAP, préside les jurys d'examens et récompense les lauréats par une médaille de la CCI ou même par un costume offert aux plus méritants.


 

CostumeRemerciements.jpg

 

 

Un cours de filetage destiné aux filles ouvrira un peu plus tard, dirigé par Madame Mourareau.

cours1930.jpg

 

Munis de leurs diplômes les élèves n'avaient pas de mal à trouver une bonne place .

 

CapJourda

 

Les locaux de la rue Saint-Jean ayant été vendus, les cours textiles intègrent dans l'ancienne usine "Mouton" les autres cours municipaux qui y sont déjà installés. En 1945, l'usine "Mouton" prend le nom de C.E.T. Jacquard. Laurent Koess, Chef de fabrication des Ets Roubineau, intègre alors l'équipe pédagogique.

 

CET1945.jpg

 

 LPmouton.jpg

 

 

Devenu Lycée Professionnel Jacquard en 1974, son appellation répondra aux réformes successives de l'Education Nationale et de l'évolution des diplômes préparés (Lycée d'Enseignement Professionnel, puis Lycée des Métiers). Il a reçu de nombreux élèves dans les différentes sections du Textile, de la Mécanique, de la menuiserie, de la maçonnerie, de la chaudronnerie, des métiers du Transport et de la Logistique, du Traitement des eaux, ... Ces élèves désirent aujourd'hui se retrouver au sein d'une association des Anciens du Lycée Jacquard. Une bonne idée !

 

entree3.jpg

 

L'environnement éducatif a changé entre temps : plus d'enseignement textile, plus de chaudronnerie, de maçonnerie, de menuiserie, un reste de mécanique.



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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:28

Napoléon III ayant accordé le droit de grève en 1864 et la Loi Waldeck-Rousseau de 1884 donnant une existence légale aux syndicats et organisations professionnelles, c'est après la création en Ariège du premier "syndicat des ouvriers métallurgiques de Pamiers" (1892) et celui du "syndicat ouvrier textile de Lavelanet et environs" (1897), qu'apparaît en 1900 le "syndicat des ouvriers en peignes de La Bastide sur l'Hers et environs" avec 610 membres.

 

Syndicat_Ouvriers_peigne.jpg


La photo suivante, sortie des archives de l'AMTPC, a longtemps été prise pour illustrer la composition de la chambre syndicale en 1907. L'identité retrouvée de certains personnages n'ayant rien à voir avec l'industrie du Peigne en Corne et quelques recherches sur "l"Avenir du Prolétariat " conduisent à affirmer que cette société, fondée en 1893 par un receveur des postes de Léran, monsieur Henri Ferdinand Boire (né le 11 juin 1857 à Léran), était en fait la première société mutualiste de retraite destinée aux "travailleurs prévoyants de l'atelier, des champs et du bureau".

 

AvenirProletariat.jpg 

 

AvenirProletariat_medaille.gif

 

Avec une cotisation d'un sou par jour et un nombre de sociétaires en constante progression, ce projet philanthropique prit rapidement un essor remarquable qui permit à son fondateur d'acquérir quelques 42 immeubles en région parisienne.

 

AvenirProletariat_siegesocial.jpg

 

AvenirProletariat_Orphelinat.jpg

 

En 1913, Ferdinand Boire fait même construire un Palais de la Mutualité pour y réunir les sociétaires. C'est aujourd'hui le siège de la maison de haute-couture Gaultier. Ce projet humanitariste devenu une puissance financière et immobilière attirera les requins de la finance et connaîtra une triste fin.

 

Bien avant la création de ce syndicat, existait à Labastide sur l'Hers une société de secours mutualiste (La Société Saint-Michel) qui avait déjà tissé des liens d'amitié fraternelle et de solidarité dans la population.

Quelques grèves revendicatives  ont marqué la vie de ce syndicat, provoquant parfois la fermeture des usines par leurs propriétaires. Mais le coup d'éclat qui marqua la vie syndicale de Labastide sur l'Hers fut "le coup du cochon" en 1902 : quelques responsables du syndicat ont puisé dans la caisse à des fins personnelles. Les Bastidiens furieux réagissent à ce détournement de leurs cotisations et organisent dans les rues du village un défilé carnavalesque parodiant les coupables, ponctué d'injures et de chansons dont la principale, chantée sur l'air de 'l'Internationale" a pu être retrouvée dans nos archives. En lisant bien entre les lignes des différents couplets on peut retrouver l'identité des coupables.

 

Labastide qui chante !

Air de L'Internationale.

 

 

PREMIER COUPLET

Payrés et mayrés de famillo

Qué n'en toutis tant indignats

So que cé passo à Labastido

A la magnéro qu'en tratats ;

Quatorze ou quinze bampirés

Su la caycho sé soun paousats

Et nous en prés, ba pouden diré,

So qué nous abions estalbiat.

 

Refrain

An prés doux cents pistolos

En fieyro soun annats,

An feyt rounca la payrolo

Anbé l'argent dé1 Sendicat.

 

2e COUPLET

Nia can boulat:déspey Marseillo

Daoutris·del proche le canigou

Un és bengut de la Bernédo

Et nia un couplé de Lesparrou ;

Un aoutré del coustat dé Lasbordos

Nia des enbirouns del Peyrat

An toutis las griffos tant fortos

Qué sira bité esplumassats.

 

Refrain

Aouzels à tant grandis plumachés

Saoun benguts anisa

Din nostré fier bilaché

Per nous l'enpouysouna

 

3e COUPLET

Le Secrétari es un tirayré

Le Président un biscaillur

Lé Tresourié es un pounçayre

Et y a mèmes un empérur ;

Nia dàoutis ambé dé lunettos

Nia en habits et en tricots

Y à rasayrés et més grisettos

Toutis an tastat al fricot.

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats

An feyt rounca la payrolo

Andé l'argent del Sendicat.

 

 

4e COUPLET

Naben bist sus quatré ·caréllos

Nia qué n'en agut un dé bou '

Si naben pas mangeat coustellos

Aben praco mès d'ounou ;

Tout séro feyt pla en cachetto

Mai nia quen sen soun ·abisats

Sé boulion frippa la caychetto

Mai ne lés an pla enpachats:

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats·

An feyt rounca la· payrolo

Andé l'argent de1-Sendicat.:

 

5e COUPLET

Daoutris cots néro dé mansardos

Poulits oustals qué fan cantou

Aro y a famillos pla babardos

Qué nanpos praco més d'ounou;

Les unis en tiran de la caycho

Et daoutris à cots dé crayouns

En feyt façados et estachés.

Récrupissachés et balcouns

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats

An feyt rounca la payrolo

Ambé l'argent del Sendicat.

 

6e COUPLET

Oubrié sérious et rasounablé

Bésés an qu'en soun arribats

Pasqué aquellis misérablés

Soun bannits de la Souciétat ;

Et quant passon davant ta faço

Toutis andel cap acattat

Qui pousquen dire sans aoudaço :

Ço qué chappos, bas escrouquat.'

 

Refrain

Oubriès et oubrièros

Si boulex biouré en pax

Et néssé pas pus en guerro

Dintrats al Sendicat.

 

Le refrain suggère que le cochon, acheté à la foire, a ensuite été mangé par les auteurs du larcin.  Pendant la mascarade, un cochon de bois a été promené au bout d'une perche. À la fin de la manifestation il a été cloué sur une poutre, en façade de la halle.

 

Cochon_Halle.gif

 

Il y est toujours !

 

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:19

La brochure élaborée par Monsieur Léo Bez pour accompagner les bulletins de souscription de son entreprise, se termine par une description des techniques de fabrication du peigne en corne. Une comparaison avec les pratiques utilisées sur d'autres sites de production en France montre qu'à Labastide-sur-l'Hers la perfection du processus de fabrication est à l'apothéose de la technologie.

 

vueusine.gif

 

La Fabrication

 

L'amoncellement dans ces usines des matières premières attendant leur emploi est énorme.

Il s'agit tout d'abord de débiter cette corne en trois tronçons, ce qui se fait au moyen de scies à ruban. La pointe est mise de côté et sera expédiée à la coutellerie, ou en Allemagne, suivant sa valeur, pour fabriquer les tuyaux de pipes. Quant aux autres tronçons, après avoir été ramollis sous l'action d'un feu de bois (avec la vapeur, on obtiendrait un travail meilleur, plus rapide, moins coûteux.) ils sont sectionnés en hélice, par des ouvreurs, de manière à pouvoir former, après aplatissage, une plaque carrée. Cette opération de l'ouvrage réclame de la pert de l'opérateur une précision de coup d'oeil et une habilité coordonnées.


scier.gif

 

À la suite de ce sectionnement, qui est suivi d'un redressement partiel, on trempe la corne pendant deux ou trois mois dans l'eau, jusqu'à ce qu'elle soit devenue malléable ; puis elle est chauffée à une haute température et serrée énergiquement entre les parois d'une presse horizontale formée de plaques de fonte chauffées ou mieux encore, entre les parois de plaques creuses, chauffées à la vapeur, qui dilatent la corne, l'étendent et en font des plaques régulières d'épaisseur.

 

presser.gif


En même temps la corne, graissée au moyen de suif, devient verdâtre et transparente. Au sortie de la presse, ces plaques égalisées sont séchées pendant le même laps de temps qu'on a mis à les tremper, et lorsque la dessiccation est complète, on peut alors les employer à la fabrication.

Il importe de mentionner, avant d'aller plus loin, que la corne de bœuf ou de vache subit un triage méticuleux, qui la divise soit en corne dite blonde, soit en corne dite d'Irlande. Cette dernière sert à fabriquer les peignes de choix blancs, et elle ne subit pas l'opération du trempage, ni celle de la pression à chaud. Elle est redressée simplement entre des plaques de bois, avec de grandes précautions, afin d'éviter qu'elle ne verdisse.

La corne de mouton s’aplatit différemment : on se borne, après un trempage rapide, et une dessiccation nécessaire, à enlever l'intérieur au moyen de couteaux spéciaux, la partie extérieure seule étant employée, lorsqu'elle a passé par les étaux redresseurs.

 

redresser.gif


L'aplatissage de la corne ne fait pas, à proprement parler, partie de la fabrication du peigne. Toutes les autres régions qui se livrent à cette fabrication ont divisé ces deux opérations qui forment deux industries distinctes. Il ya dans cette division de graves inconvénients économiques qu'il importe de faire ressortir.

Les fabricants de peigne de la Normandie, par exemple, sont obligés de passer par l'intermédiaire des aplatisseurs, dont les bénéfices viennent inutilement grever les produits eux-mêmes. Ils opèrent de plus sur de petites quantités qui ne leur permettent pas de s'approvisionner directement des cornes nécessaires.

 

applatir.gif


L'isolement de Labastide donna à M. Bez l'idée de tout concentrer en cette localité et d'en faire un centre industriel absolument complet.

C'est ainsi que les usines qu'il a créées dans la région, celle de Labastide, celle de Campredon, celle de l'Aiguillon, celle de Laroque sont pourvues de tout l'outillage nécessaire, de toutes les branches industrielles permettant de recevoir , comme nous l'avons expliqué, la corne brute et de remettre au camionnage les peignes dans leurs boîtes et dans leurs caisses, prêts à partir dans toutes les directions.

Arrivons à la fabrication proprement dite.

Selon la qualité et l'épaisseur de la corne, on en tire soit le peigne à décrasser, soit le peigne à retaper. On commence par découper les plaques, soit à la scie, soit par emporte-pièces qui leur donnent la forme voulue ; puis l'embryon du peigne est soumis à l'action d'estadeuses, machines de la plus grande perfection, qui conduites par des femmes, effectuent la denture du peigne. Une ingénieuse combinaison mécanique fait avancer le peigne automatiquement de l'épaisseur d'une dent, et ainsi s’entaillent avec une merveilleuse rapidité et une précision mathématique des milliers et de milliers de peignes. Un mécanicien dirige et surveille cette partie de la fabrication, affûtant les scies au fur et à mesure, car il importe que la section de la dent soit très nette … Le peigne ainsi denté passe sous l'action de meules à planeter faites d'émeri, et qui, si elles enlèvent les bavures laissées par l'estadeuse produisent à leur tour, à la surface du peigne une rugosité que le ponçage fera disparaître. Le ponçage s'effectue au moyen de disques de peau de buffle, au nombre de 30 environ, que l'on imprègne de ponce mouillée, et qui, tournant avec une grande rapidité, servent à évider la denture et à la rendre ainsi pénétrante dans la chevelure. Des disques de drap, agissant de la même manière, servent ensuite à adoucir la surface du peigne et à la rendre propre au polissage final.

 

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Nous ne voudrions pas omettre, à côté de ce travail mécanique le très intéressant travail à la main, qui intervient avant le polissage et qui se fait au moyen de ratines, de limes, de carrelets, de grêles, ayant pour but, surtout dans les articles fins, de dégager les dents, de les évider, de polir la surface, de donner en un mot, au peigne, toute la netteté et tout le fini désirables. Ce sont aussi des ouvriers spéciaux qui traitent cette partie spéciale du travail ; il en est de même pour les dessins, filets, arabesques … etc. Mais ce travail à la main ne s'explique que pour les objets d'une certaine valeur.

Le polissage enfin, auquel on soumet toutes les catégories de peignes se fait au moyen de disques de peau de chamois, enduits de tripoli.

 

planeter


Terminons par une classification.

On distingue le peigne en corne naturelle, le peigne façon buffle ou noir, le peigne façon ambre et enfin le peigne façon écaille.

Sauf par conséquent pour la corne naturelle, on soumet les peignes à des bains tinctoriaux qui leurs donnent le caractère qu'ils doivent avoir. On obtient ainsi des peignes dont le prix varie de 10 francs à 60 francs la grosse pour les peignes à décrasser, et de 20 francs à 180 francs la grosse pour les peignes à retaper.

Si nous jetons un coup d'œil sur les moyens dont dispose cette manufacture, nous voyons qu'en ses diverses usines, elle occupe plus de 300 ouvriers ou ou ouvrières. La moyenne des salaires est de 3 francs pour les hommes, 1f25 pour les femmes, 1 f pour les enfants. Le régime adopté est le travail aux pièces, qui est véritablement le plus équitable et réserve à chacun suivant ses œuvres.

Le matériel comprend dans son ensemble :

  • 20 étaux dresseurs pour la corne de mouton,
  • 8 sièges à serpette,
  • 12 étaux dresseurs pour la corne de bœuf et de vache,
  • 30 presses diverses,
  • 80 estadeuses,
  • 20 meules à émeri
  • 20 raboteuses, adoleuses, rogneuses, façonneuses, … etc,
  • 40 polisseuses,
  • 30 ponceuses.

L'ensemble de la production atteint environ 16 000 grosses (*) de peignes par an, ce qui fait plus de 5 millions de peignes qui sortent tous les ans de cette puissante usine et qui portent la marque universellement connue « Le Bouquet ».

 

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(*) Une grosse = 12 douzaines, soit 144 peignes.

Sur la plupart des photos d'atelier, Monsieur Léo Bez pose au milieu de ses employés.

Aujourd'hui, les opérations de trempage ont disparu, mais, dans les deux ateliers qui fonctionnent encore, toutes les opérations décrites sont nécessairement utilisées.

 

 


 

 

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