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  • : Le blog de l'AMTPC
  • : En 1983, l'AMTPC a créé le Musée du Textile et du Peigne en Corne à Lavelanet (09300). Ses membres ont récolté et restauré des machines des industries locales mais aussi sauvegardé la mémoire des Travailleurs du Pays d'Olmes. Ce Bénévolat s'est concrétisé par de nombreuses expositions et animations diverses.
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 22:36

Les origines historiques de l'industrie du peigne en corne ayant été précisées, Monsieur Léo Bez, tout en faisant l'éloge de sa famille, retrace le développement de l'usine de peignes.

 

Cpa_bez_1.jpg

 

Historique de la Maison Bez.

 

"Sur l'Hers était bâtie une petite construction dénommée "Le Moulinet". quelques meules horizontales pour le polissage du Jais étaient actionnées par une roue à aubes mue par une chute de la rivière. En 1846, Mr Paul Bez eut l'idée de transformer "Le Moulinet" en une fabrique de peignes. Il s'associa Mrs Courtois et Corneil. L'usine fut montée, c'était la première dans le Midi de la France.

 

Bez_2.jpg


Mais elle était éloignée de tout centre, manquait de moyens de communication, ne travaillait que le bois et la corne du pays, n'écoulait ses produits que dans un espace très restreint autour d'elle.

Ses Fondateurs eurent alors de vastes projets à la réalisation desquels il fallait une énergique persévérance. Mrs Bez père & fils surent la posséder ; ils avaient d'ailleurs en eux le génie d'une race dont ils étaient l'incarnation.

* * 

Tout d'abord, Mm.Bez père désintéresse ses co-associés et se trace un programme d'organisation qu'il poursuit sans relâche :

1° À l'extérieur, la recherche de la matière première : corne de bœuf et de mouton, et parallèlement l'établissement de représentants à demeure dans nombre de régions.

2° À l'intérieur, le perfectionnement toujours progressif du matériel et le remplacement gradué du travail mécanique au travail à la main.

*

S'il nous était permis, à propos de la plus importante de toutes les fabriques de peignes en corne, de retracer ici l'histoire des luttes gigantesques qu'elle eut à soutenir pour arriver à cette prépondérance, on verrait à quel point peuvent se liguer tour à tour l'intrigue et la passion, la routine et la mauvaise volonté, pour s’opposer à l'essor d'une industrie qui atteint, croyons nous, son plus haut degré de perfection.

L'introduction de la machine déchaîna, dans la population ouvrière, toutes les fureurs des partisans acharnés du travail à la main.
M.Bez résista. Suivant à la lettre le programme qu'il s'était tracé, il perfectionne son outillage et lance ses voyageurs à travers le monde. Parmi ces derniers, ceux installés aux pays de production lui envoient du Levant la corne de mouton, de l'Amérique du sud la corne de bœuf et de vache. En 1848, la maison faisait seulement 2000 francs d'affaires. Mais sous cette direction énergique, elle progresse rapidement.
Elle traite sur les principaux marchés : Marseille, Bordeaux, Le Havre, Anvers, Londres, Liverpool. Elle fixe ses représentants partout.
En 1871, M.Bez père resté seul chef de lla maison, s’adjoint son fils « Léo » qui l'aidait déjà depuis longtemps. L'outillage se perfectionne de jours en jours ; la fabrication par suite augmente en qualité et en quantité. Les produits sont montrés aux principales expositions internationales ; ils obtiennent les meilleures récompenses. En 1878, à Paris ils sont déclarés hors concours.

 

Bez Medailles 2

 

Sans s'arrêter sur le fait acquis M.Léo Bez, le chef actuel de la maison, continue ses recherches dans le perfectionnement de la fabrication et dans la vente de ses produits. Les usines se transforment encore et de nouveaux débouchés sont créés.

À l'exposition de 1889, il est nommé membre du jury, en 1900 on le rappelle encore à ce poste que lui valent non seulement ses qualités personnelles, non seulement ses succès, mais aussi les produits qui sortent de ses usines. En 1900, le chiffre d'affaires dépasse 700 000 F.

Nous voudrions pouvoir rendre ici l'impression qu'on éprouve à la suite d'un entretien avec M. Léo Bez, le chef de la maison. Son regard, d'une pénétration profonde, sa physionomie énergique, s'animant au récit des luttes qu'il eut à soutenir, et ce n'est pas sans accent de légitime fierté, qu'après l'exposé des faits, notre interlocuteur conclut : « voilà mon œuvre ! Œuvre colossale, dans laquelle a dû se multiplier et se multiplie sans cesse l'activité infatigable de M.Léo Bez, véritable chef de son établissement. Il dirige et surveille tout, avec une compétence que possèdent rarement les industriels, dont la plupart se bornent à être des capitalistes ». Son énergie l'a fait réussir."

 

Les usines sont situées sur le territoire de La Bastide sur l'Hers, à 400 mètres du chemin de fer. Elles s'étendent à droite et à gauche de la rivière sur une superficie de 5000 m². Les terrains environnants ont une superficie de 10000 mètres carrés. La chute d'eau, turbinée, procure une force motrice de 120 chevaux ; aux basses eaux, l'été, la chute diminue légèrement d'énergie.

 

Bez usine

 

La première construction a été faite e, 1846-1847, modifiée en 1857, puis en 1880. C'est de cette époque que date le renouvellement du matériel industriel, toujours modifié graduellement. Ce matériel et les usines ont une valeur estimative au prix de revient de 350 000 francs.

A côté des usines, s'élève une belle maison d'habitation, dont la valeur estimative est au prix de revient de 20 000 francs.

 

Cpa_bez_2.jpg

 

à suivre : la fabrication du peigne en corne.

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