Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de l'AMTPC
  • : En 1983, l'AMTPC a créé le Musée du Textile et du Peigne en Corne à Lavelanet (09300). Ses membres ont récolté et restauré des machines des industries locales mais aussi sauvegardé la mémoire des Travailleurs du Pays d'Olmes. Ce Bénévolat s'est concrétisé par de nombreuses expositions et animations diverses.
  • Contact

Recherche

6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:28

Napoléon III ayant accordé le droit de grève en 1864 et la Loi Waldeck-Rousseau de 1884 donnant une existence légale aux syndicats et organisations professionnelles, c'est après la création en Ariège du premier "syndicat des ouvriers métallurgiques de Pamiers" (1892) et celui du "syndicat ouvrier textile de Lavelanet et environs" (1897), qu'apparaît en 1900 le "syndicat des ouvriers en peignes de La Bastide sur l'Hers et environs" avec 610 membres.

 

Syndicat_Ouvriers_peigne.jpg


La photo suivante, sortie des archives de l'AMTPC, a longtemps été prise pour illustrer la composition de la chambre syndicale en 1907. L'identité retrouvée de certains personnages n'ayant rien à voir avec l'industrie du Peigne en Corne et quelques recherches sur "l"Avenir du Prolétariat " conduisent à affirmer que cette société, fondée en 1893 par un receveur des postes de Léran, monsieur Henri Ferdinand Boire (né le 11 juin 1857 à Léran), était en fait la première société mutualiste de retraite destinée aux "travailleurs prévoyants de l'atelier, des champs et du bureau".

 

AvenirProletariat.jpg 

 

AvenirProletariat_medaille.gif

 

Avec une cotisation d'un sou par jour et un nombre de sociétaires en constante progression, ce projet philanthropique prit rapidement un essor remarquable qui permit à son fondateur d'acquérir quelques 42 immeubles en région parisienne.

 

AvenirProletariat_siegesocial.jpg

 

AvenirProletariat_Orphelinat.jpg

 

En 1913, Ferdinand Boire fait même construire un Palais de la Mutualité pour y réunir les sociétaires. C'est aujourd'hui le siège de la maison de haute-couture Gaultier. Ce projet humanitariste devenu une puissance financière et immobilière attirera les requins de la finance et connaîtra une triste fin.

 

Bien avant la création de ce syndicat, existait à Labastide sur l'Hers une société de secours mutualiste (La Société Saint-Michel) qui avait déjà tissé des liens d'amitié fraternelle et de solidarité dans la population.

Quelques grèves revendicatives  ont marqué la vie de ce syndicat, provoquant parfois la fermeture des usines par leurs propriétaires. Mais le coup d'éclat qui marqua la vie syndicale de Labastide sur l'Hers fut "le coup du cochon" en 1902 : quelques responsables du syndicat ont puisé dans la caisse à des fins personnelles. Les Bastidiens furieux réagissent à ce détournement de leurs cotisations et organisent dans les rues du village un défilé carnavalesque parodiant les coupables, ponctué d'injures et de chansons dont la principale, chantée sur l'air de 'l'Internationale" a pu être retrouvée dans nos archives. En lisant bien entre les lignes des différents couplets on peut retrouver l'identité des coupables.

 

Labastide qui chante !

Air de L'Internationale.

 

 

PREMIER COUPLET

Payrés et mayrés de famillo

Qué n'en toutis tant indignats

So que cé passo à Labastido

A la magnéro qu'en tratats ;

Quatorze ou quinze bampirés

Su la caycho sé soun paousats

Et nous en prés, ba pouden diré,

So qué nous abions estalbiat.

 

Refrain

An prés doux cents pistolos

En fieyro soun annats,

An feyt rounca la payrolo

Anbé l'argent dé1 Sendicat.

 

2e COUPLET

Nia can boulat:déspey Marseillo

Daoutris·del proche le canigou

Un és bengut de la Bernédo

Et nia un couplé de Lesparrou ;

Un aoutré del coustat dé Lasbordos

Nia des enbirouns del Peyrat

An toutis las griffos tant fortos

Qué sira bité esplumassats.

 

Refrain

Aouzels à tant grandis plumachés

Saoun benguts anisa

Din nostré fier bilaché

Per nous l'enpouysouna

 

3e COUPLET

Le Secrétari es un tirayré

Le Président un biscaillur

Lé Tresourié es un pounçayre

Et y a mèmes un empérur ;

Nia dàoutis ambé dé lunettos

Nia en habits et en tricots

Y à rasayrés et més grisettos

Toutis an tastat al fricot.

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats

An feyt rounca la payrolo

Andé l'argent del Sendicat.

 

 

4e COUPLET

Naben bist sus quatré ·caréllos

Nia qué n'en agut un dé bou '

Si naben pas mangeat coustellos

Aben praco mès d'ounou ;

Tout séro feyt pla en cachetto

Mai nia quen sen soun ·abisats

Sé boulion frippa la caychetto

Mai ne lés an pla enpachats:

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats·

An feyt rounca la· payrolo

Andé l'argent de1-Sendicat.:

 

5e COUPLET

Daoutris cots néro dé mansardos

Poulits oustals qué fan cantou

Aro y a famillos pla babardos

Qué nanpos praco més d'ounou;

Les unis en tiran de la caycho

Et daoutris à cots dé crayouns

En feyt façados et estachés.

Récrupissachés et balcouns

 

Refrain

An prés dous cents pistolos

En fieyro soun annats

An feyt rounca la payrolo

Ambé l'argent del Sendicat.

 

6e COUPLET

Oubrié sérious et rasounablé

Bésés an qu'en soun arribats

Pasqué aquellis misérablés

Soun bannits de la Souciétat ;

Et quant passon davant ta faço

Toutis andel cap acattat

Qui pousquen dire sans aoudaço :

Ço qué chappos, bas escrouquat.'

 

Refrain

Oubriès et oubrièros

Si boulex biouré en pax

Et néssé pas pus en guerro

Dintrats al Sendicat.

 

Le refrain suggère que le cochon, acheté à la foire, a ensuite été mangé par les auteurs du larcin.  Pendant la mascarade, un cochon de bois a été promené au bout d'une perche. À la fin de la manifestation il a été cloué sur une poutre, en façade de la halle.

 

Cochon_Halle.gif

 

Il y est toujours !

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires